Quelques impressions sur la rencontre du réseau FEDA
(Laarba - juillet 2003)
La rencontre de Larbaa était destinée à la
mise en place de la coordination du réseau interrégional.
Cette rencontre s'est déroulée dans un cadre enchanteur
(seul manquait, sur la montagne, le pouce de la " main de fatma
", victime du dernier séisme).
Toutes les régions étaient présentes, hormis
El Goléa et Djemaa. Hadda Beddiaf, responsable de la coopérative
d'El Goléa, était retenue par des évènements
familiaux et il était difficile pour les autres jeunes femmes
de venir sans être accompagnées, pour un voyage long
d'une semaine (étant donné la rareté des vols
entre El Goléa et Alger). A Djemaa le groupe est constitué
de jeunes mères de 3 ou 4 enfants rendant difficile un déplacement
si long. Les difficultés rencontrées dans les déplacements
des jeunes femmes doivent être prises en compte pour l'organisation
des prochaines
rencontres.
Les 23 participantes étaient des artisanes et des formatrices,
des jeunes stagiaires, les membres de FEDA-France ainsi que Mercedes
Calvay, jeune étudiante péruvienne, boursière
du CCFD et stagiaire au sein de FEDA (voir dans ce numéro
l'article : Echanges sud-sud).
Les travaux en petits groupes et lors des plénières
leur ont permis d'approfondir les questions autour :
- de la notion de salaire minimum et des différents facteurs
à prendre en compte dans l'établissement des prix,
le débat a été mené jusqu'à
la nécessaire sensibilisation du public au juste coût
du travail,
- du problème posé par la concurrence et le marché
local,
- de la définition du label "Produit Culturel de Développement
", chacune s'est véritablement impliquée pour
tenter de répondre en petit groupe et en plénière
aux questions suivantes : qu'est-ce que le label, comment le label
peut être utile pour l'artisane et comment le label peut
être utile pour le réseau. Il était frappant
de voir, au fur et à mesure de la discussion, la manière
dont les jeunes femmes sont passées d'une incompréhension
du problème à son appropriation.
Le temps le plus long et le plus dense a été la définition
du réseau : rôle, tâches, organisation et composition
de la coordination aboutissant au constat collectif : la coordination
est le cur du réseau. Chacune des présentes
a été attentive et volontaire malgré le rythme
de travail imposé et la difficulté des thèmes
abordés. Les temps de travail ont été ponctués
de nombreux moments d'émotion: chacune, en tour de table,
a accepté de partager des moments de sa vie de femme en Algérie.
Citons le témoignage d'Assia " j'ai souvent pensé
arrêter (le travail avec les femmes dans les mechtas*) devant
les difficultés (familiales, administratives). Le jour où
j'ai pu ouvrir le local, j'ai appris à aimer ma région,
j'ai appris à aimer mon pays et la laine m'est devenue douce
".
Nous gardons en mémoire les moments d'échanges au
cours des repas (repas copieux et serveurs très attentifs
dans cette ambiance de maison familiale). Les chambres le soir étaient
aussi des moments forts : discussions, musique, plaisanteries. Des
balades organisées ont permis de prendre un peu l'air, de
profiter de la beauté de la montagne et des connaissances
des habitants de l'histoire de leur région. C'est aussi à
travers ces moments de détente que de véritables liens
se tissent entre nous.
Enfin, nous constatons à chacune des sessions de formation
ou des temps de rencontre, que le fait de pouvoir prendre le temps
de faire le point, de discuter hors des contraintes, est un facteur
fondamental pour assurer la solidité des liens et favoriser
le développement des partenaires et des structures.
* hameaux isolés dans la région des
Hauts Plateaux.
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