EDITORIAL INFO FEDA n°2 - Janvier 2004 (pdf)

ECHANGE SUD-SUD - Rencontre entre L'Algérie et le Pérou

Quelques impressions sur la rencontre du réseau FEDA - (Laarba - juillet 2003)

La rencontre de Larbaa était destinée à la mise en place de la coordination du réseau interrégional. Cette rencontre s'est déroulée dans un cadre enchanteur (seul manquait, sur la montagne, le pouce de la " main de fatma ", victime du dernier séisme).

Toutes les régions étaient présentes, hormis El Goléa et Djemaa. Hadda Beddiaf, responsable de la coopérative d'El Goléa, était retenue par des évènements familiaux et il était difficile pour les autres jeunes femmes de venir sans être accompagnées, pour un voyage long d'une semaine (étant donné la rareté des vols entre El Goléa et Alger). A Djemaa le groupe est constitué de jeunes mères de 3 ou 4 enfants rendant difficile un déplacement si long. Les difficultés rencontrées dans les déplacements des jeunes femmes doivent être prises en compte pour l'organisation des prochaines rencontres.

Les 23 participantes étaient des artisanes et des formatrices, des jeunes stagiaires, les membres de FEDA-France ainsi que Mercedes Calvay, jeune étudiante péruvienne, boursière du CCFD et stagiaire au sein de FEDA (voir dans ce numéro l'article : Echanges sud-sud).

Les travaux en petits groupes et lors des plénières leur ont permis d'approfondir les questions autour :
- de la notion de salaire minimum et des différents facteurs à prendre en compte dans l'établissement des prix, le débat a été mené jusqu'à la nécessaire sensibilisation du public au juste coût du travail, - du problème posé par la concurrence et le marché local, - de la définition du label "Produit Culturel de Développement ", chacune s'est véritablement impliquée pour tenter de répondre en petit groupe et en plénière aux questions suivantes: qu'est-ce que le label, comment le label peut être utile pour l'artisane et comment le label peut être utile pour le réseau. Il était frappant de voir, au fur et à mesure de la discussion, la manière dont les jeunes femmes sont passées d'une incompréhension du problème à son appropriation.

Le temps le plus long et le plus dense a été la définition du réseau : rôle, tâches, organisation et composition de la coordination aboutissant au constat collectif : la coordination est le cœur du réseau. Chacune des présentes a été attentive et volontaire malgré le rythme de travail imposé et la difficulté des thèmes abordés. Les temps de travail ont été ponctués de nombreux moments d'émotion: chacune, en tour de table, a accepté de partager des moments de sa vie de femme en Algérie. Citons le témoignage d'Assia " j'ai souvent pensé arrêter (le travail avec les femmes dans les mechtas*) devant les difficultés (familiales, administratives). Le jour où j'ai pu ouvrir le local, j'ai appris à aimer ma région, j'ai appris à aimer mon pays et la laine m'est devenue douce ".

Nous gardons en mémoire les moments d'échanges au cours des repas (repas copieux et serveurs très attentifs dans cette ambiance de maison familiale). Les chambres le soir étaient aussi des moments forts : discussions, musique, plaisanteries. Des balades organisées ont permis de prendre un peu l'air, de profiter de la beauté de la montagne et des connaissances des habitants de l'histoire de leur région. C'est aussi à travers ces moments de détente que de véritables liens se tissent entre nous.

Enfin, nous constatons à chacune des sessions de formation ou des temps de rencontre, que le fait de pouvoir prendre le temps de faire le point, de discuter hors des contraintes, est un facteur fondamental pour assurer la solidité des liens et favoriser le développement des partenaires et des structures.


Echanges Sud-Sud - L'Algérie et le Pérou se rencontrent au sein du réseau FEDA

Dans le cadre d'un stage de formation et en partenariat avec le CCFD, l'association FEDA a accueilli à partir du mois de mai 2003 Mercedes Calvay, une étudiante péruvienne désireuse de partir en Algérie. Elle raconte : " C'est que pour certains était une folie, pour moi il s'agissait d'un rêve et je remercie énormément de cette opportunité qui m'a permis de rencontrer l'Algérie et son peuple. Je suis arrivée juste une semaine après du tremblement de terre mais la douleur de ce moment n'a pas empêché que je sois partout reçue dans la joie et la chaleur humaine qui caractérise ce pays. Ces jours les médias parlaient beaucoup de dégâts ainsi que d'autres problèmes qui vit l'Algérie depuis des années. Pourtant, je trouvais dommage qu'on ne s'occupe pas des initiatives de solidarité immédiate, presque par réflexe, de la population algérienne face à une telle situation. Les femmes et filles du réseau FEDA m'ont justement montrée cette solidarité et esprit familiale de l'Algérie. Elles, ainsi que les enfants, les professeurs et les directeurs de l'école Assalas ; les jeunes de l'université de Tizi-Ouzou ; les familles de tous les villages où j'ai été, m'ont donné un lieu dans leurs vies pour partager leur travail, leurs luttes, leurs joies, leurs frustrations, leurs rêves, et aussi les miens et ceux de mon pays. Nous nous reconnaissions différents mais je trouve que nous avions le cœur et les yeux ouverts pour nous aimer et pour nous regarder comme d'êtres humains, différents mais également précieux "

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