Motivation de l'action
Dépositaires de la culture traditionnelle, solidaires par
nécessité, les populations féminines rurales
et semi-rurales, en Algérie, continuent à représenter
un des piliers de la famille et de la société. L'expérience,
menée par FEDA depuis 1995, de création et de structuration
de petites entreprises coopératives de femmes dans les régions
d'El Goléa, de Larbaa Nath Irathen, de Tizi Ouzou, d'Alger,
de Constantine a été couronnée de succès,
malgré les fonds extrêmement faibles dont l'association
a disposé pour réaliser les projets qu'elle a entrepris
dans ces régions.
Le passage de l'économie populaire à une économie
formalisée et donc fiscalisée, visible, a, pour les
artisanes, été le fruit d'un cheminement difficile
dans un pays, où le manque de confiance dans les pouvoirs
publics est une vieille tradition et où existaient des problèmes
de sécurité physique.
Le soutien de FEDA leur permet d'entrer dans le réseau, à
travers un équipement, une mise à disposition de locaux,
des formations et des rencontres interrégionales, une aide
à la commercialisation et un soutien juridique. De leur côté,
ces femmes, par leur continuel va-et-vient entre tradition et modernité,
entre patrimoine et innovation, posent elles-mêmes les jalons
de la pérennisation et de l'autonomisation des processus
et des structures mises en place.
Aujourd'hui, le statut social des femmes reste toujours précaire
et l'aide de l'Etat au développement local dérisoire.
La libéralisation de l'économie a, comme dans la plupart
des pays du Sud, ouvert les frontières aux importations sauvages,
coupant ainsi toute possibilité d'économie compétitive.
L'artisanat, de par son ancrage culturel, peut ouvrir de nouvelles
voies pour un développement solidaire et durable en créant
des sources de revenus, mais aussi en faisant émerger des
formes adaptées de résistance à l'uniformisation
culturelle des besoins de consommation.
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